Ils ont dit

 

 

Qu'elle chante... Qu'elle chante dans la nuit, � l'aube m�me des d�sastres ensoleill�s ou remplis de brume, qu'elle chante partout, dans la rue, dans le coeur des hommes, dans l'ivresse souhait�e des femmes qui n'attendent que l'amour... Pourquoi ? Parce que sa voix, sa musique, son souffle, nous �merveillent. Mama B�a, tu es maman et tu ne sais pas � quel point !

L�o Ferr�


EXTRAIT:

L�o Ferr� Amour Anarchie par Dominique Mira-Milos

Nous �coutons, �blouis, dans cette nuit de La Rochelle, la merveilleuse Mama B�a interpr�ter magistralement Les Anarchistes, juste accompagn�e par une guitare �lectrique. N�e en Avignon en 1948, Mama B�a d�couvre les chansons de L�o Ferr�, dont elle devient vite une � inconditionnelle �. En 1971, elle enregistre son premier disque, et c'est elle qui interpr�te les chansons du film de Claude Lelouch Edith et Marcel. En avril 1984, elle assiste au concert que donne Ferr� au Th��tre des Champs-Elys�es et, � cette occasion, le rencontre pour la premi�re fois. �J'�tais tr�s impressionn�e, je me sentais comme une imb�cile... C'est important pour moi, Ferr�. > Comme l'�crit Jean-Pierre Lentin dans Paroles et Musique num�ro 43 d'octobre 1984, � Mama B�a, c'est Piaf et Janis Joplin r�unis dans le m�me gosier... elle a une voix inimitable. �

Ferr� s'en aper�oit lorsqu'il l'entend chanter Les Anarchistes d'une fa�on si personnelle et �mouvante: � Quelle voix elle a, cette fille! Et quelle personnalit�. Quel talent!... elle aura du mal � r�ussir dans ce m�tier. La personnalit� et le talent, c'est mal vu. �


 feminit� ou "femellitude"

impressions sur un concert de mama B�a Tekielski

II faut le constater : vieille routi�re des circuits parall�les de la Chanson Fran�aise, Mama B�a est une authentique "b�te de sc�ne".

Et c'est bien cette expression � b�te de sc�ne � que nous allons prendre ici au pied de la lettre, comme le dit cette tr�s belle tournure de la non moins belle langue fran�aise.

Oui, Mama B�a nous a coup� le souffle, laiss�s sans voix par la qualit� de sa prestation sc�nique, r�alis�e le 7 octobre 95 au ch�ne noir, pour inaugurer la grande salle du ch�ne, r�nov�e et rebaptis�e pour la circonstance salle L�o Ferr�.

La qualit� rare que poss�de Mama B�a est une qualit� de pr�sence, cette pr�sence ne cr�ve pas l'�cran (car cette expression est r�serv�e aux acteurs ou actrices de cin�ma), mais ce qui est certain, c'est qu'elle cr�ve quelque chose, qu'elle vient nous cueillir au creux de nos fauteuils baquets confortablement rembourr�s, d'un rouge carmin tr�s classe (vous ai-je dit que la salle a �t� r�nov�e ?).

Une telle force nous oblige � r�viser l'image mi�vre de la femme, petit �tre fr�le en mal de protection masculine, telle qu'elle se condense dans le mot f�minit�. Cette force puise dans le r�servoir d'instinct que poss�de l'�tre humain, instinct qui, qu'on le veuille ou non, entretient un rapport �troit avec l'animalit�.

L'intuition fondamentale est que la femme a un contact plus direct avec cette base primitive qui est en nous, et ce n'est pas une composante qui nous rabaisse (c'est la vision imb�cile impos�e par le dogme catholique dont la mysoginie fonci�re, de la "vierge" Marie � Sainte Jeanne d'Arc en passant par les commandos anti-IVG, n'est plus � d�montrer), mais qui, bien au contraire, �tablit notre "compl�tude".

Pour affiner sur l'id�e d'animalit�, ajoutons que Mama B�a a en elle un potentiel de f�linit�, et pour pr�ciser encore, je reconnais celui d'entre les f�lins le plus charg� de myst�re , l'animal noir (de la couleur symbole de l'anarchie, valeur commune � Mama B�a et L�o), la superbe panth�re.

Mama B�a a sur sc�ne un balancement lat�ral du corps qui rappelle le va-et-vient lancinant des f�lins en cage (sur ce point, on pense � Claude Nougaro qui "boxe" ses tours de chant); elle ne chante pas en se d�ployant (bombant le torse comme les cantatrices pour des raisons respiratoires),

mais, de mani�re frappante, elle �volue pendant son chant ramass�e sur elle-m�me, c'est-�-dire les �paules l�g�rement vo�t�es, dans une attitude � premi�re vue inesth�tique. Mama B�a connue pour ses coups de griffe, elle qui a r�putation d'�gratigner certains, journalistes ou d�tracteurs...

Mama B�a poss�de une voix rauque, une de ces voix r�peuse si pr�cieuse pour interpr�ter le blues. S'il fallait trouver une ressemblance, je ne vois que Joe Cocker qui puisse soutenir la comparaison (m�me une chanteuse comme Janis Joplin ne fait pas le poids). Mama B�a peut �tre mise sur un pied d'�galit� avec le "g�ant de Minneapolis"; comme lui, elle allie une voix exceptionnelle et une personnalit� hors norme. Autre point commun : le non-conformisme total au monde du showbiz, tout de toc et d'artificiel; n'oublions pas que Joe Cocker a gal�r� longuement avant de trouver le succ�s l�gitime. Comme lui, Mama B�a est, justement � cause de sa force prodigieuse, un �tre paradoxalement fragilis� et extr�mement vuln�rable.

La voix de Mama B�a est un don du ciel incroyable. A l'int�rieur du registre rauque, elle a encore des possibilit�s de diversifier et de moduler dans des directions inattendues; elle a par exemple la facult�, unique (� ma connaissance), de passer en fin de phrase musicale du rauque � ce qu'il faut bien appeler une sonorit� �raill�e, la facult� de briser sa voix, jouer sur la f�lure.

Fabricien Loupa


 LE BUREAU D'ACTION LINGUISTIQUE DE TURQUIE
L'INSTITUT D'�TUDES FRAN�AISES D'ANKARA
 

A l'occasion de la parution de la publication franco-turque du GROUPE PARANK (Paris-Ankara) vous invitent � une soir�e PO�SIE ET CHANSONS consacr�e � MAMA B�A, Grand Prix de l'Acad�mie Charles Cros le mercredi 1er juin 1988 � 18h30 Institut d'�tudes Fran�aises.  Salle de cin�ma.
B�atrice Tekielski-Mama Bea-est une solitaire qui est non seulement une solitaire, mais tout l'individu, qui en exprime, avec un air � la fois doux et tragique, toutes les angoisses, tous les espoirs, toutes les sollicitations et toutes les extases, et qui s'impose � moi comme l'exemple le plus partait de la dignit� humaine. Elle a un r�pertoire de mots expressifs; lobotomie, b�b�-robot, carbone, errance, mascarade, prisonni�re, naufrage et rose. H�las, vains sont les appels au courage. Seules lui r�pondent la peur, la solitude et la l�chet� du monde.

Prof.Dr.Tugrul INAL
Chef du D�partement de philologie Fran�aise de l'Universit� Hacettope
Ankara, Mai, 88


Quand l'oeil d'une artiste voit la vie, la sc�ne devient vite un somptueux divan napp� de rouge. Au lieu de s'y allonger, "Marna" B�a se redresse, s'arcboute et gueule - le coeur au bord des dents- l' arnour.

B�a parle d'elle, pour elle et toutes les femmes qui l'entendent.

Tous les hommes aussi, ceux qui ont quelque chose qui palpite entre les deux bras ...

Quand les tripes d'une femme encaissent la vie, elle chante le blues et entrechoque les images, voix rauque, voix rock, voix folk, voie unique.

Chez cette femme l�, monsieur, on a le regard tourn� vers les ann�es lumi�re. Et l'on resserre le cercle, autour du guitariste aux solos satur�s, d�chir�s, indispensables et du batteur qui, par la chaleur de son jeu, fait disjoncter les bo�tes � rythmes.

Sur le divan rouge de la sc�ne, trois personnes sont debout: l'intimit� la plus pudique ne se dit pas sous les lumi�res d'un big band. Il faut tout juste se b�tir une maison de mots.

Chez ces gens l�, monsieur, on tutoie la f�lure, on attrape la lune avec les dents, on respire un oxyg�ne �lectrique d'avant la fuite de l'ozone.

L'oxyg�ne que soufflent aussi Janis Joplin, Suzanne Vega et Michelle Schocked.

Jean Claude DEMARI "POLITIS"


Marna B�a, c'est un "b�b� robot" dont le cerveau "positronique" a �t� amoureusement programm� � partir des rages et des tendresses de Janis Joplin, Tina Turner, Colette Magny, L�o Ferr�, Arthur Rimbaud ... Pardon du peu!

Le probl�me -dirait Asimov- c'est qu'elle n'a pas �t� c�bl�e dans un strict respect des trois lois fondamentales de la robotique: c'est un fauve aimable (que l'on peut aimer), mais particuli�rement indomptable et fort impr�visible. Un robot roux, dot� d'une voix rare et d'un pouvoir d'�criture exceptionnel mais �quip� aussi de griffes et de crocs dont il n'h�site pas � se servir.

Jean ALARY "SONO MAGAZINE"


Elle a install� tout son monde de poup�es, d'objets, de lampes et foulards, un peu comme si elle voulait se prot�ger du monde des grands.

La petite fille apeur�e a pourtant trouv� sa voix, la belle voix, depuis longtemps. Elle l'a faite exploser aux quatre coins des sc�nes avec une si incroyable force, une telle verve, un choix si judicieux des mots, faits de combinaisons gagnantes, qu'on en restait sur le cul. Beaucoup disaient, du genre mec un peu g�n� par tant d'audacieux talent "une petite bonne femme pareille". Une femme qui l'ouvre, c'est insupportable, surtout quand elle l'ouvre bien.

MAMA B�A T�KIELSKI est une bombe, ses mots font mouche, quand elle parle d'amour, ils pleurent sur les hommes trop press�s, jamais enclins � suivre d'autres voies que celles r�pertori�es grandes randonn�es; quand ils parlent de lutte, c'est toujours plein de violence, de col�re, de tendresse.

MAMA B�A ne parle pas de politique, elle parle de l'humain avec courage, lucidit�, �motion. Sans doute pourrait-elle dire comme Neruda "Entre les semelles perc�es et les cadillacs, j'ai choisi". Elle est la n�gresse blanche, l'indienne rousse, Molly Bloom qui d�lire dans son lit de petite vertu. Elle aime les chemins de traverse o� elle rencontre des gens qui ont fait le choix de la pens�e parall�le.

Mama B�a Chante de cette irr�sistible voix qui vient du fond de son humanit�, de sa d�tresse, d'un espoir � la Apollinaire Je donne mon espoir tout l'avenir qui tremble comme une petite lueur au fond de la for�t." Pr�caire mais indispensable. Mama B�a nous fait un beau cadeau. Sachons le lui rendre ...

Martine BRES MIDI LIBRE

Amour non pasteuris�. La l�gende, la madonne sulfureuse d'antan n'a toujours pas perdu sa voix sombre et chaude, sa voix fid�le. Du monde et une ovation � la fin pour MAMA BEA.

SUD�OUEST

Un moment unique, intense, d'une rare et bouleversante beaut�; MAMA B�A a la jeunesse et la beaut� des femmes qui n'on pas eu peur de vivre, qui ont os� �tre. Elle nous communique le feu qu'elle a dans le c�ur, ..

Adeline ROGNON� L'OLIVIER QUOTIDIEN

Une artiste hors pair; une tornade rousse-blonde est pass�e. Si vous la sentez venir, quelque part en France, invitez vos amis � aller la rejoindre.

N. F. . NICE MATIN

Une rockeuse � la voix puissante et chaleureuse, aux texxtes soign�s ...

E. FROIS . LE FIGARO

Ce disque r�ussit, le miracle d'�tre totalement B�A, enti�rement d'aujourd'h,ui, et compl�tement LEO. De LEO, les textes incandescents, les inflexions. De BEA, la voix plus belle que jamais, qui gronde, crache, feule et rit, des basses de gorge � l'aigu cass�.

J.C. DEMARI . CHORUS

Il y a la fougue, l'incandes�ence de la voix, ces petits vibratos feul�s, l'authenticit� du personnage. MAMA BEA a l'intelligence des textes de FERRE.

H�l�ne HAZERA� LIB�RATION

De la tendresse � la violence ... Superbe voix rauque qui plie "les mots qu'on a sur le c�ur".

C.F. LE MONDE

En ces temps de morosit�, de m�diocrit� et de conformisme, la tornade MAMA BEA est une bouff�e d'oxyg�ne.

B. N . LE MONDE LIBERTAIRE

Furie rebelle ... MAMA B�A est une vraie rockeuse.

A. M P .T�L� RAMA

Une voix rauque, voix rock, voix unique. Chez cette femme-l�, monsieur, on a le regard tourn� vers les ann�es lumi�re.

J.C.D POLITIS

La voix rauque, si caract�ristique, de celle qui nous a apprit � "conjuguer au pr�sent le verbe soleil", et l'interpr�tation sont tout simplement superbes.

Francis CHENOT . UNE AUTRE CHANSON

Mademoiselle gueule le blues...La sublime gal�rienne du show-biz est de retour ...

P. Y. BERGEAUD . 24 HEURE�SUISSE